« La, la, la mine de rien, la voilà qui revient, la chansonnette… » Au coeur du cimetière du Père Lachaise se trouve un club privé connu des amoureux de la chanson française et populaire. Un club sympathique et joyeux autour de la figure tutélaire de Bruno Coquatrix, le directeur de la mythique salle de spectacle parisienne : l’Olympia. Pour en être membre, un seul pré-requis suffit, mais non des moindres ! Avoir, une fois, accroché son nom en haut de l’affiche de l’Olympia !

 

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À Paris, en 1888, au 28 boulevard des Capucines, figure une attraction formidable appartenant à Joseph Oller : des montagnes russes aussi bruyantes que dangereuses. Le préfet de police de l’époque craignant les incendies, fait fermer l’attraction par ordonnance. Joseph Oller, créateur du Moulin Rouge, décide d’en faire une salle de spectacle, laquelle sera inaugurée 5 ans plus tard. Parmi les vedettes qui poussent les premières le rideau de salle, se trouvent une jeune danseuse américaine âgée de 31 ans, qui virevolte sur la scène armée d’une paire d’aile géante et majestueuse, son nom : Loïe Fuller.

1927

L’Olympia a déjà changé 5 fois de propriétaire. Paul Franck est l’actuel maître des lieux lorsque  entre en scène Marie Dubas ne avec un répertoire nouveau, celui de la chanson populaire et gouailleuse proche d’Yvette Guilbert. Marie Dubas, devenue l’interprète à succès de Mon légionnaire  composée par Raymond Asso et Marguerite Monnot en 1936, répond présente à la réouverture de l’établissement en 1954.
L’année suivante c’est une petite femme chétive et toute vêtue de noire qui fait l’Olympia : Édith Piaf. En 1958, à la demande de Bruno Coquatrix, elle sauve la salle de la faillite, en tenant 3 mois le haut de l’affiche. La foule est au rendez-vous et malgré un état de santé déplorable, les concerts qu’elle y donne passeront à la postérité. En 1962, elle offre au public son dernier récital accompagnée de son jeune et séduisant mari :Théo Sarapo. Le couple interprètera l’émouvante chanson À quoi ça sert l’amour ?

1955

Une belle et pimpante parisienne surnommée Patachou, accompagnée par l’orchestre de Joss Baselli, chante Le bricoleur, écrite par Georges Brassens, qu’elle contribua à lancer mais aussi, la complainte de la butte écrite par Jean Renoir et tirée de son film French Cancan sorti la même année. Cette chanson, qui figure parmi les grands classiques de la chanson française, sera également  interprétée par un autre occupant de la scène parisienne, Francis Lemarque, l’ami de Jacques Prévert. Auteur de plus de 400 chansons, compositeur et interprète, Francis Lemarque sera l’un des plus importants contributeurs au répertoire d’Yves Montand avec notamment À Paris (1949), Quand un soldat (1953), Mathilda (1956). Le compositeur de la musique du film Play Time de Jaques Tati, se produit à l’Olympia durant 5 semaines en 1958 puis en 1989.
Celui qui chantera plus tard Il est à moi l’Olympia, fait ses débuts en vedette américaine à l’Olympia en février 1954. L’année suivante le 17 février, le jeune Gilbert Bécaud met le feu à la scène et dans la salle, des dizaines de fauteuils endommagés lui vaudront le surnom de « Monsieur cent mille volts ». est avec Gilbert Bécaud Édith Piaf, l’un des recordmans des lieux, avec à son compteur plus de 30 passages s’échelonnant de 1954 à 1997. D’ailleurs, l’auteur de L’important c’est la rose, Quand il est mort le poète, Et maintenant, est nommé Chevalier de la Légion d’honneur, le 14 janvier 1974 sur la scène de l’Olympia.

Les années 60

Les Yé-Yé balaient d’un revers de la main leurs ainés ainsi que les codes du langage scénique. Désormais, on danse le twist à Saint Tropez quand l’école est finie avec tous les garçons et les filles de son âge. Le vent tourne sur le grand répertoire de la chanson française et Bruno Coquatrix saisit l’occasion de rajeunir son public. En 1964, l’Olympia accueille durant quelques semaines entre décembre 63 et mi janvier, une série de spectacles intitulés Les idoles des jeunes. Entre Johnny Halliday et Pierre Perret, on trouve un jeune homme de bonne famille, Jean François Grandin plus connu sous le nom de Frank Alamo. Il chante son grand succès Ma biche, adaptation du titre américain Sweets for my sweet écrite en 1961 par Mort Schuman.
En octobre 1966, un tout jeune homme, natif de Courbevoie, a la lourde tache de faire la première partie du spectacle d’adieu à la scène de Jacques Brel. On imagine aisément le trac de Michel Delpech dans l’ombre du géant belge. En 1972, le chanteur revient en vedette avec à son répertoire les succès populaires : Pour un flirt et Whight is whight. Le chanteur est de retour sur scène en 1985 après une grave dépression puis en 1992 après la sortie de son album Les voix du Brésil.

Auteur et compositeur pour Édith Piaf, Yves Montand, Barbara et Serge Reggiani, Georges Moustaki pousse les portes de l’avenue des Capucines en 1977, à la suite du succès international du Métèque. On l’y retrouvera en 1979, 2000 puis 2008, du 5 au 9 mai reprenant ses chansons  Les eaux de Mars, Sarah et Milord. Un invité surprise se glisse dans la programmation en la personne de Cali. Lors de ce dernier Olympia, Georges Moustaki rend homage image à un ami très cher, Henri Salvador. Ce dernier fit ses premiers pas sur cette même scène à l’âge de 84 ans, avec l’album composé par Benjamin Biolay et Keren Ann : Chambre avec vue.

1968

Ivo Livi alias Yves Montand, s’offre l’Olympia. De longues tournées à travers l’Union soviétique et la France ainsi que de grands collaborateurs (Jacques Prévert, Francis Lemarque, Henri Crolla et Francis Lay) sont venus enrichir le répertoire du chanteur. En 1981, d’octobre à janvier, Yves Montand devenu acteur, remonte sur scène après 13 ans d’absence et choisit l’Olympia pour son grand retour. Le succès est phénoménal, le public se précipite, si bien que la salle mythique propose à Montand un second round du 20 juillet au 14 août 1982 avant d’entamer une tournée brésilienne.

En 1981, un ténébreux trublion du nom d’Alain Bashung fait son entrée dans les Charts français avec la chanson Vertige de l’amour.  Ce tube lui ouvre les portes de l’Olympia, il en sera de même en octobre 1994 avec l’album Chatterton. Le 10 et 11 juillet 2008, Alain Bashung, alors gravement malade, donne deux concerts très émouvants à L’Olympia.
Avec son premier album La marmaille nue, enregistrée en 1993, vendu à 100 000 exemplaires, le chanteur Mano Solo pousse naturellement les portes de l’Olympia. Trois mois avant son décès, et quelques semaines après la sortie de son dernier album Rentrer au port, il offre a ses fans un ultime concert le 12 novembre 2009.

 

Bruno Coquatrix

Durant 25 ans, le nom de Bruno Coquatrix est indissociable de l’Olympia. L’homme du nord, né le 4 août 1910 à Ronchin va diriger d’une main de maître ce temple de la musique et attirer la fine fleur musicale de son temps. Auteur et compositeur de 300 chansons et opérettes puis impresario, Bruno Coquatrix prend possession de l’Olympia en 1954. Après de grand travaux de sonorisation la salle ouvre le 5 février 1954. Il invite à se produire Brassens, Brel, Piaf, ferré, Barbara, Bécard et Johnny Halliday entre autres. Durant 3 semaines du 16 janvier et le 4 février 1964, un vent de folie souffle sur l’Olympia qui accueille Sylvie Vartan en tête d’affiche. En première partie quatre garçons promis à une belle carrière : les Beatles accompagnés de Trini Lopez et son incontournable La bamba. Le 20 octobre de la même année les Rolling Stones y feront leur première scène française, suivront dans les années 70, Black Sabbath ainsi que des concerts de musique classique. Bruno Coquatrix va si bien promouvoir la salle de spectacle que celle-ci devient une référence dans le monde entier. Qui n’a pas « fait » l’Olympia ne peut pas décemment pas accéder au nom de vedette. L’hyper actif  Bruno Coquatrix ne se contente pas de son trépident métier de directeur de spectacle, il devient de 1971 à 1979 maire de la station balnéaire de Cabourg en Normandie. Le directeur de l’Olympia meurt le 1er avril 1979 à Paris. Paulette Coquatrix, sa femme et Patricia sa fille auront la lourde tache de maintenir l’Olympia à son meilleur niveau. Bruno Coquatrix, par son travail et son engagement aux cotés des artistes, a participé au rayonnement de Paris à travers le monde.

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