"J'ai pas peur de l'avouer, j'avais quarante ans passés, éh bien, le jour de la mort de Brassens, j'ai pleuré comme un môme. J'ai vraiment pas honte de le dire. Alors que, c'est curieux, mais le jour de la mort de Tino Rossi, j'ai repris deux fois des moules." Textes de spectacles.

Derrière le sourire timide et le physique de bon père de famille de Pierre Desproges, se cache une redoutable amanite phalloïde. Loin de la complaisance et du consensus, son humour récure et dégraisse les bonnes consciences. La bêtise quotidienne, le Front National, la cuisine, les femmes, les animaux sont des thèmes qu’il aborde non sans malice.
Après avoir exercer divers métiers,  Pierre Desproges entre au journal L’aurore en 1970 et s’occupe d’une rubrique insolite très appréciée de Françoise Sagan. Mais c’est véritablement en 1975, dans l’émission de Jacques Martin Le petit rapporteur qu’il se fait connaître du grand public. En 1977, Desproges fait ses premiers pas sur scène en compagnie de Thierry Le Luron à l’Olympia et participe à l’émission de radio de ce dernier, les parasites sur l’antenne. En 1980, il trouve dans les colonnes du journal Charlie-Hebdo, un refuge propice à son humour. Dans sa chronique les étrangers sont nuls, l’humoriste s’en donne à coeur joie :  « Alors que l'anglais est flegmatique, l'allemand est cyclothymique, c'est-à-dire qu'il peut niquer sans tomber de vélo», ou encore à propos des canadiens : « Il y a deux sortes de canadiens : les anglophones, qui parlent dans les angles, et les francophones, qui parlent normalement ». De 1980 à 1983, Claude Villers l’invite à endosser le costume de procureur dans le fameux Tribunal des flagrants délires sur France Inter.
En 1982, Pierre Desproges s’installe en Prime Time durant deux ans sur la chaine de Télévision FR3. L’émission s’intitule La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, une série de sketchs drôles et absurdes aux titre évocateurs : Apprenons à vaincre la mort avec un marteau ou Voyons si Superman ne serait pas un peu métèque sur les bords. Toujours en 1982, Desproges est invité par Roland Topor et Jean-Michel Ribes à écrire quelques scénarios de sketchs pour leur émission Merci Bernard. En 1984, l’artiste monte sur la scène du théâtre Fontaine pour son premier One man show puis récidive en 1986 au théâtre Grévin avec Pierre Desproges se donne en spectacle.
En 1987, Pierre Desproges est atteint d’un cancer, sa maladie est tenue secrète par sa femme, il est hospitalisé en mars 1988 et s’éteint le mois suivant. « Les rues de Paris ne sont plus sûres. Dans certains quartiers chauds, les Arabes… Les Arabes n’osent plus sortir seuls le soir.» Pierre Desproges humoriste prémonitoire ? Pour explorer l'œuvre de Pierre Desproges, régalez-vous sur le site officiel de Pierre Desproges.
Pierre Desproges