À l’heure où le festival de Cannes bat son plein, le Père Lachaise déroule, lui aussi, son tapis rouge ! Au générique aujourd’hui, une pléiade d’acteurs, d’actrices, réalisateurs, scénaristes et producteurs à faire pâlir les plus belles maisons de production. Et pour l’occasion, ami cinéphile, voici concocté pour toi un ciné club d’un genre spécial : Simone Signoret et ses partenaires figurant au Père Lachaise. Décidément le cinéma français est un bien petit monde, gare à ne pas mélanger les bobines !

Simone Signoret, de Casque d’or à Madame Rosa


La jeune Simone Signoret commence sa carrière cinématographique en 1941 mais c’est réellement en 1946, après son mariage avec le réalisateur Yves Allégret, que sa carrière prend forme. Le réalisateur lui offre ses premiers grands rôles, notamment dans les films Les démons de l’aube et surtout Dédée d’Anvers au coté de Bernard Blier en 1948. Signoret rencontre le séduisant Yves Montand en août 1949 à Saint Paul de Vence alors en tournée dans la région. Follement amoureuse, l’actrice divorce et épouse Yves Montand en décembre 1951. Cette même année, elle tourne Casque d’or, un film dramatique réalisé par Jacques Becker. Dès lors, la comédienne tournera avec les plus grands réalisateurs comme Marcel Carné, Luis Bunuel, Henri-Georges Clouzot, Jean Pierre Melville et Costa Gavras. Avec plus de 77 films à son actif, Simone Signoret est considérée comme l’une des plus grandes actrices du cinéma français. Elle obtient de prestigieuses récompenses dont le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes en 1959 puis l’Oscar de la meilleure actrice en 1960 pour Le chemin de la haute ville (Room of the top) de Jack Clayton. Enfin, en 1978, elle est récompensée par le César de la meilleure actrice pour le rôle de Madame Rosa dans La vie devant soi, de Moisé Mizrahi. Femme de caractère, actrice engagée, elle choisit avec expérience des rôles et des réalisateurs à sa mesure.

Simone Signoret, Silence, moteur !


Maurice Tourneur (1876-1961) démarre sa carrière cinématographique en 1912 avec Figures de cire puis Les Gaîtés de l’escadron. Après 13 films réalisés en France, Maurice Tourneur part aux États-unis en 1914 et devient en 12 ans l’égal des plus grands réalisateurs américains. De retour en France, le cinéma est devenu parlant, il tourne entre autre le drame Accusée, levez-vous en 1930, le polar Au nom de la loi en 1932 . En 1948, il propose à Simone Signoret le premier rôle féminin dans L’impasse des deux anges aux cotés de Marcel Ferrand et Paul Meurisse.
Max Ophüls(1902-1957), est un peu « l’homme qui aimait les femmes » du cinéma. En 1950, il offre à l’actrice, un rôle de prostituée dans le film à sketchs La ronde, tiré d’une pièce d’Arthur Schnitzler. Le film obtient en 1952, le British Academy Film Award du meilleur film, l’équivalent des Oscars en Angleterre. Pour en savoir davantage sur le prodigieux cinéaste Max Ophuls vous pouvez vous reporter au le bille t: Le clap de fin de Max Ophuls .
Le metteur en scène  Patrice Chéreau (1944-2013) fait ses premières armes au théâtre puis au cinéma. Il obtient 5 Césars en 1995 pour La reine Margot. Il monte à l’opéra de Bayreuth, la monumentale Tétralogie de Wagner qui restera dans les annales. Simone Signoret se retrouve par deux fois face à la caméra de Chéreau, tout d’abord en 1975 dans le film La chair de l’orchidée tiré du roman policier de James Hadley Chase puis en 1978 dans Judith Therpauve produit par Daniel Toscan du Plantier.

Simone Signoret et les acteurs du Père Lachaise


Le grand escogriffe Jules Berry et la belle Simone vont se retrouver par quatre fois sur les mêmes plateaux de cinéma. 
La jeune débutante, tout comme Marcel Mouloudji, n’est qu’une figurante parmi les demoiselles du château dans le film de Marcel Carné Les visiteurs du soir en 1942, Jules Berry y interprète un rôle sur mesure, celui du diable. Berry et Mouloudji se sont déjà rencontré sur le film Claudine à l’école de Serge Poligny en 1937 tandis que Signoret et Mouloudji ont tous deux fait une discrète apparition dans le film, L’ange de la nuit, d’André Berthomieu, sorti en 1944. La même année, Berry et Signoret, encore cantonnée à un petit rôle, se retrouvent sur le film Le Voyageur de la Toussaint de Louis Daquin, puis La mort ne reçoit plus, un polar de Jean Tarride en 1944. La comédie dramatique Béatrice devant le désir de Jean Marguenat est le dernier film où Berry et la jeune Signoret se trouvent ensemble au générique.

Un autre personnage emblématique du cinéma d’avant-guerre, Pierre Brasseur, connaît bien Jules Berry. Ensemble, ils ont joué en 1939 dans Le Café de Paris un film d’Yves Mirande tourné en 1939. Quatre ans plus tard, Pierre Brasseur joue un second rôle dans le film de Pierre Prévert, Adieu Léonard avec à ses cotés, Julien Carette, Charles Trenet, Denise Grey et comme acteurs non crédités au générique, Simone Signoret et Marcel Mouloudji. L’histoire ne dit pas si la figurante Annie Girardot fut présentée à Simone Signoret sur le plateau du film Sans laisser d’adresse de Jean Paul Le Channois. Une chose est sûre c’est que ces deux grandes figures du cinéma français ne se retrouveront plus sur les plateaux.
Simone Signoret et Yves Montand sont parmi les plus célèbres amants du Père Lachaise, ensemble, ils tourneront cinq films. Raymond Rouleau les réunis pour la première fois devant la caméra pour Les sorcières de Salem en 1956. Le couple ne cache pas leur militantisme et choisissent, par deux fois, de jouer pour le réalisateur engagé Costa Gavras. En 1965, on les retrouvent dans les rôles titres de Compartiment tueur puis dans L’aveu en 1970. En 1966, ils apparaissent au générique de Paris brûle-t’il de René clément, puis en 1969 à l’affiche de la comédie Mister Freedom de William Klein.

Yves Montand, Marcel Mouloudji, Annie Girardot, Jules Berry, Pierre Brasseur, Max Ophuls, Maurice Tourneur et Patrice Chéreau sont réunis au côté de Simone Signoret, dans le parcours thématique « Cinéma » de l’application. Choisissez parmi les 18 personnalités du grand écran et faites vous même votre propre générique.
Alors ami cinéphile : « Moteur, ça tourne ? »