"On m’appelle « la prima donna », et je suis fière et très honorée de porter ce titre, bien qu’il n’ait pas été toujours compris par le public. Et rappelez-vous que « prima donna » se traduit par « première dame » et non pas tigresse indomptée !… » Maria Callas

 

Jeunesse

 

On connaît Maria Callas, sa voix exceptionnelle, son élégance, son caractère impossible mais il n’en a pas toujours été ainsi. D’origine grecque, Sophie Cecilia Kalogeropoulos naît à Manhattan, le 2 décembre 1923. La jeune Maria et sa sœur grandissent dans un foyer désuni, l’enfant myope et boulotte manque cruellement de confiance en elle, c’est lorsqu’elle chante qu’elle se révèle. En 1937, mère et filles retournent en Grèce, l’adolescente prend des cours avec Maria Trivella du Conservatoire national grec. Maria est une élève acharnée et obstinée, elle n’a que 16 ans lorsque qu’elle monte sur scène pour la toute première fois dans l’opéra Cavallerina rustina de Pietro Mascagni.

Prodige

 

Seulement âgée de 17 ans, la jeune cantatrice entame une carrière professionnelle, mais lors de la libération de la Grèce en 1944, sa mère est accusée de collaboration et Maria est exclue de l’opéra d’Athènes. Après un malencontreux séjour aux USA, Maria pose ses valises en Italie en 1947. La jeune cantatrice rencontre le fameux chef d’orchestre et directeur artistique de la Scala : Tulio Serafini. Fortement impressionné, Serafini engage la jeune prodige pour l’opéra en quatre actes : La Gioconda d’Amilcar Ponchielli dans les arènes de Vérone, puis suivront Tristan et Iseult de Wagner et en 1949, Les Puritains de Vincenzo Bellini. La carrière de la cantatrice prend un virage nouveau lorsqu’elle fait sien le répertoire italien (Vincenzo Bellini, Verdi, Gioacchino Rossini), s’orientant vers le Bel Canto, le public et les critiques sont unanimes, une étoile est née. De 1948 à 1952, Maria Callas se produit dans plus de 173 représentations.

 

De la Diva à l’égérie

 

En avril 1949, Maria callas épouse à Vérone, Giovanni Battista Meneghini un industriel devenu son impresario. La Fenice en 1949, la Scala de Milan en 1951, Covent Garden en 1952, la cantatrice occupe les plus grandes salles lyriques du monde. En 1953, la Diva complexée depuis l’enfance par un physique ingrat, décide de perdre, volontairement, plus de 30 kilos. La cantatrice se dessine une allure de star : 1m73 pour un tour de taille de 58 cm ! Elle devient, non seulement, une icône de la mode, mais également « l’une des dix femmes les plus élégantes du monde », pour le plus grand plaisir des couturiers Christian Dior et Yves Saint-Laurent.

La cantatrice et le milliardaire

 

En septembre 1957, au bal de l’hôtel vénitien, le Danieli, la Cantatrice est présentée au milliardaire grec Aristote Onassis. L’œil de velours et le charisme de l’homme d’affaire ne laisse pas indifférente la Diva mais il faut attendre 1959, sur le Yacht « Christina O », pour que le charme opère véritablement. Elle a 33 ans, lui 53, tout deux sont mariés mais ce genre de détail n’encombre pas le couple. La chanteuse rompt définitivement avec Meneghini, désormais, la vie privée de Maria Callas s’expose dans les magazines du monde entier.

Un coeur brisé

 

Elle prend définitivement ses distances avec la scène et déménage à Paris en 1961. La cantatrice se produit successivement dans Médée, Norma et Tosca mais ses aptitudes vocales baissent et en 1965 elle met fin à sa carrière à Covent Garden. 1968, coup de tonnerre, la Diva a le cœur brisé, Aristote Onassis épouse Jackie Kennedy, elle perd son seul et unique amour et dès lors, Maria Callas ne sera plus que l’ombre d’elle même.
En 1969,  Maria Callas fait sa première et unique apparition au cinéma dans l’adaptation de l’opéra Médée de Pier Paolo Pasolini. Durant le tournage Maria Callas perd sa voix, elle sera donc doublée sur presque la totalité du film.

La Diva meurt dans la solitude de son appartement parisien du 35 avenue Georges-Mandel, dans le XVIème arrondissement de Paris, le 16 septembre 1977. Suicide ou conséquences d’une maladie dégénérative des cordes vocales, le mystère reste entier.Trombinoscope de Maria Callas