ARAGO François
Physicien, Astronome

François Arago est né le 26 février 1786 à Estagel dans les Pyrrénées orientales. A la fois, Astronome, physicien, chercheur et vulgaristeur, il est l’une des plus importantes figures scientifiques et politique du XIXe siècle. En 1830, il est élu député de sa region natale puis de Paris. Républicain convaincu, il fait de l’innovation industrielle et du progrès social son cheval de bataille. Il meurt, à Paris, le 2 Octobre 1853.

Physicien, astronome, académicien, François Arago est également une figure politique de premier ordre. Arago le scientifique est le grand promoteur des arts et techniques de son temps. Son intérêt pour l’innovation va du procédé photographique de Daguerre au chemin de fer en passant par la technique militaire. 
La famille d’Arago s’installe à Perpignan en 1795. Destiné à embrasser une carrière juridique, Arago décide d’entrer à l’École polytechnique et prépare seul le concours. Son examinateur n’est autre que Gaspard Monge, le mathématicien et créateur de l’école ; celui-ci est subjugué par les capacités du jeune homme. Entré à l’âge de 17 ans à polytechnique, Arago en sort secrétaire-bibliothécaire au Bureau des longitudes. Aux cotés de l’astronome et mathématicien Jean-Baptiste Biot, il part en Espagne pour poursuivre le relevé du méridien de Paris. Il est élu à l’Académie des sciences le 18 septembre 1809 et devient en 1812 le professeur adjoint de Gaspard Monge. Les travaux d’Arago portent sur l’optique, l’astronomie et le magnétisme.
C’est probablement son goût pour la pédagogie et la diffusion du savoir pour tous qui pousse cet éminent savant en politique. Le progrès social et l’éducation des masses seront ses chevaux de bataille. Élu député des Pyrénées-Orientales et de la Seine à la fin de la Restauration en 1830, il est nommé, lors de la Révolution du 24 février 1848, ministre de la marine et des colonies dans le gouvernement provisoire. Proche de la doctrine de Saint–Simon, Arago est un républicain à tendance modérée. Le ministre Arago s’élève contre toute forme de radicalisme, celle d’Auguste Blanqui ou Alexandre Ledru-Rollin d’alors ministre de l’intérieur voire celle du socialiste passionné Louis Blanc à la tête de la commission du gouvernement des travailleurs.
Le Royaume-Uni abandonne la traite atlantique en 1807 et met fin à l’esclavage de manière définitive en 1838. En France, l’esclavage est aboli sous la révolution puis réintroduit par Napoléon en 1802 influencé par Joséphine de Beauharnais. Il faut attendre 10 ans pour qu’enfin le pays des lumières mette fin à cette pratique infamante. Un grand humaniste et un ardent défenseur de l’abolition est appelé aux cotés d’Arago en tant que sous-secrétaire d’état en charge des colonies ; il s’agit de Victor Schœlcher. Arago lui confie la présidence de la commission d’abolition de l’esclavage. Le 27 avril 1848, le décret d’abolition de l’esclavage des colonies françaises est ratifié.
Dans le 14ème arrondissement de Paris, Place de l’Île-de-Sein, dans le quartier de Montparnasse se trouve un socle qui, autrefois, supportait la statue en bronze de François Arago. En octobre 1941, le gouvernement de Vichy édite une loi qui ordonne la fonte des statues en métal afin de récupérer le cuivre, le laiton ou plomb pour les besoins de l’industrie, des centaines de statues comme celle d’Arago furent détruites. 
Pour commémorer le bicentenaire de la naissance d’Arago, le projet de l’artiste Jan Dibbets fût retenu et réalisé en 1994. Sur le tracé du méridien qui traverse Paris du nord au sud, 135 médaillons en bronze, de 12 centimètres de diamètre portant le nom d’Arago sont incrustés dans le sol de la ville. Ces médaillons sont visibles dans le 1er, 2ème,6ème, 9ème, 14ème, 18ème, arrondissements. Le dernier médaillon se trouvant sur l’un des contreforts du socle.

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