BERNHARDT Sarah
Comédienne

La plus grande tragédienne du XIX siècle, Sarah Bernhardt, voit le jour à Paris le 22 octobre 1844. Elle jouera plus de 120 personnages, y compris des rôles masculins. Le théâtre Romain Sardou, Jean Rostand, Victor Hugo lui offrent ses plus beaux rôles. Artiste protéiforme et adulée, femme excentrique et provocante, entrepreneuse d’avant-garde, c’est aussi une grande amoureuse. La comédienne au jeu emphatique envoûte son auditoire sur les cinq continents, ce qui fait d’elle la seule artiste de son temps à jouir d’un succès international. Sa mort annoncée le 26 mars 1923, rassemble 60 000 personnes pour un ultime adieu.
Pour en savoir d'avantage sur cette comédienne, vous pouvez consulter notre billet : La journée de la femme
« La vie engendre la vie, l’énergie produit l’énergie, c’est en se dépensant soi-même que l’on devient riche ». Par ces mots Sarah Bernhardt annonce son destin. Née en 1844 de père inconnu et d’une courtisane parisienne, Sarah est admise à la Comédie Française en 1862 et se fait renvoyer 4 ans plus tard. Elle rentre au théâtre de l’Odéon et triomphe dans "Ruy Blas" de Victor Hugo puis réintègre la Comédie Française pour y jouer "Phèdre" et "Hernani". En 1880, la comédienne monte sa propre troupe et part à la conquête du monde jusqu’en 1917, entraînant dans son sillage l’hystérie et la passion. Fortune faite, Sarah l’entrepreneuse s’offre en 1893 la direction du théâtre de la renaissance et monte "Phèdre", "La dame aux camélias" et "Lorenzaccio" entre autres productions puis en 1899 elle acquiert le théâtre des nations qui deviendra le théâtre Sarah Bernhardt. Toujours à la pointe de l’avant-garde, l’artiste signe avec Alfons Mucha un contrat de six ans. Tout Paris découvre l’affiche de la pièce "Gismonda", splendeur d’art déco, déclenchant une nouvelle vague de passions. Femme de convictions, elle se déclare contre la peine de mort, elle soutient Emile Zola lors de l’affaire Dreyfus ainsi que Louise Michel. En 1900 elle joue dans "L’aiglon", une pièce de Jean Rostand dans lequel elle apparaît travestie, succès et scandale garanti! La même année, elle apparaît pour la première fois à l’écran dans le film muet "Le duel d’Hamlet" de Clément Maurice. En 1915, Sarah se fait amputer de la jambe droite, elle continue de jouer assise, ce qui lui vaudra le méchant surnom de "Mère-Lachaise". Sa mort annoncée le 26 mars 1923, provoque une si vive émotion que des funérailles nationales sont organisées, 60 000 personnes se pressant le long du cortège. Provocatrice, amoureuse impénitente, femme libre, Sarah Bernhardt aura bousculée comme personne son époque et sublimé son art.

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