MADAME SANS GÈNE (Catherine Hubscher)
Femme du maréchal Lefebvre

Catherine Hubscher est née le 2 février 1753 à Altenbach en Alsace. Cantinière puis blanchisseuse, elle épouse en 1783 le sergent François-Joseph Lefebvre, futur maréchal d’Empire et duc de Dantzig. La femme de tête, au franc-parler populaire et gouailleur, dérange à la cour impériale mais la bienveillance de Napoléon à son égard empêchera son éviction. Elle meurt le 29 décembre 1835 à Paris. L’histoire retiendra définitivement le sobriquet « Madame Sans-Gêne » grâce à la comédie à succès de Victorien Sardou et Emile Moreau crée en octobre 1893 dont elle est le personnage principal.
La pièce de théâtre « Madame Sans-Gêne » fut, en premier lieu, écrite par le jeune Emile Moreau puis réécrite par l’expérimenté Victorien Sardou. La pièce est jouée pour la première fois au théâtre du Vaudeville à Paris le 27 octobre 1893 et remporte un vif succès. Madame Sans-Gêne met en scène les aventures de Madame Lefebvre, ancienne blanchisseuse devenue duchesse de Dantzig, à la cour impériale. Le caractère et le parler franc de celle qu’on appelle « la Maréchale », passent mal dans les beaux salons Napoléoniens, l’Empereur s’en agace, la convoque puis tombe sous son charme. Cette pièce sera jouée à de nombreuses reprises et figurera pendant 15 ans au répertoire de la comédie française. De talentueuses comédiennes se succèderont dans le rôle de Madame Sans-Gêne sur les planches : tout d’abord à la création de la pièce en 1893, la reine du théâtre de boulevard Réjane puis Mistinguett en 1920, Lily Mounet en 1931, Béatrice Bretty en 1938 et en 1951, Madeleine Renaud en 1957, l’inénarrable Jacqueline Maillan en 1973, Annie Cordy en 1978 et enfin Clémentine Célarié en 2000. Au cinéma, 7 réalisateurs porteront l’histoire de la Maréchale à l’écran : on retiendra Arletty en 1941, Sophia Loren en 1962, Sophie Desmaret en 1963 et Mathilde Seigner en 2002. La duchesse n’inspire pas uniquement les metteurs en scène de théâtre et les réalisateurs, le compositeur italien, Umberto Giordano, transpose la pièce en opéra en 1915 au Metropolitan Opera de New-York. Il est à parier que la populaire et joyeuse Madame Sans-Gêne n’a pas fini son ascension !

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